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L’expérimentation du « billet perdu » : quelles formations pour engager les collaborateurs ?

Dans le monde de la formation, certaines expériences scientifiques réussissent à illustrer des concepts de manière si marquante qu’elles permettent un ancrage durable des compétences. C’est le cas de l’expérimentation de Robert-Vincent Joule sur le « billet perdu », qui explore la psychologie de l’engagement. Cette étude, qui propose une méthode originale pour comprendre les mécanismes de l’engagement, montre comment des approches issues de la psychologie peuvent devenir des outils puissants pour le management et la formation en entreprise.

L’expérimentation du billet perdu : comprendre l’engagement par la pratique

L’expérience de Robert-Vincent Joule, décrite dans son texte accessible ici et détaillée dans la vidéo explicative suivante, est un exemple de créativité scientifique appliquée. Dans cette expérimentation, plusieurs acteurs créent une mise en scène : une personne maladroite fait tomber un billet de sa poche devant un passant, sans s’en rendre compte. Le passant le rattrapera-t-il pour lui rendre son billet ? Une partie de l’expérimentation que, lorsque l’on se sent observé (par un deuxième acteur), on rend plus fréquemment le billet. Mais une autre partie de l’expérimentation est encore plus intéressante. Deux minutes avant d’arriver sur la mise en scène, un troisième acteur demande son chemin à l’individu – qui lui répond – et le remercie vivement, allant même jusqu’à lui dire qu’elle est une « personne bien » . Dès lors, la probabilité que l’individu rende le billet augmente lorsqu’il a effectué au préalable un acte peu engageant (orienter un passant) et activé chez lui le rôle d’une « personne bien ». Donc un premier acte engageant, complété par un renforcement positif qui active une image positive de soi, va permettre de déclencher un comportement du même type encore plus engageant dans un deuxième temps. Parce qu’ainsi, la personne est en cohérence avec le rôle activé de personne bien !

Cette réaction se base sur un principe psychologique du renforcement positif : une action anodine, une fois accomplie, crée un engagement implicite qui rend la personne plus susceptible de réaliser des actions ultérieures. Dans ce cas, le fait d’avoir gentiment répondu et d’avoir reçu une gratification pour cette action « engage » psychologiquement l’individu dans une dynamique de coopération, le rendant plus enclin à accepter de nouveaux engagements. On voit bien les implications en terme managérial, qui est d’impliquer les gens progressivement dans des actions, tout en leur donnant des renforcements positifs pour qu’ils puissent s’engager encore davantage. C’est d’ailleurs ce qui manque bien souvent dans les organisations où il y a peu de reconnaissance et plutôt des reproches.

La psychologie de l’engagement : un levier pour l’apprentissage et le management

Le renforcement positif est une notion fondamentale en psychologie sociale, en particulier dans les contextes d’apprentissage et de management. Selon Joule, des actions même minimes peuvent déclencher un engagement croissant, ce qui peut être utilisé pour favoriser la coopération ou l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. Dans le cadre du management, l’utilisation du renforcement positif peut être un atout stratégique. Par exemple, au lieu d’imposer directement des changements de comportements aux équipes, un manager peut inciter ses collaborateurs à participer à de petites initiatives qui reflètent les valeurs de l’entreprise, comme le travail collaboratif ou l’attention portée à la satisfaction client. Cet engagement progressif amène les employés à intégrer naturellement ces valeurs dans leur pratique quotidienne.

L’intérêt de faire appel aux chercheurs pour mobiliser ces expériences en entreprise

L’expérimentation du « billet perdu » de Robert-Vincent Joule est un exemple parfait de la façon dont des expériences scientifiques peuvent ancrer fortement certaines notions chez les apprenants lors d’une formation. En mobilisant des expériences marquantes et originales, les chercheurs offrent des formations qui dépassent le cadre théorique pour s’appuyer sur des exemples concrets et engageants. Cette approche ne se limite pas à la psychologie sociale ; elle trouve également un écho dans la psychologie du travail et des organisations, qui s’intéresse à la manière dont les dynamiques de l’engagement et du renforcement positif peuvent être optimisées dans un environnement professionnel. Les chercheurs, grâce à leur capacité à actualiser les connaissances et à intégrer des perspectives multidimensionnelles, aident à construire des formations qui stimulent une compréhension critique et approfondie. Ils permettent aux entreprises de bénéficier de données de pointe pour concevoir des stratégies qui renforcent l’engagement des employés, tout en prenant en compte les réalités organisationnelles et les besoins spécifiques des collaborateurs.

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